10 jours pour changer votre rapport à l’alimentation !

Ça paraît un slogan publicitaire pour un nouveau régime… Non, c’est mon constat suite à 10 jours de blocages à La Réunion, depuis le 17 novembre.

Je vous partageais il y a six semaines un avis pertinent à mes yeux sur la nécessaire revalorisation de l’alimentation pour limiter le gaspillage alimentaire. Cette prise de conscience sur la valeur de l’alimentation et de la connaissance des producteurs, elle peut se faire par l’éducation alimentaire. Certes. Mais elle se fait aujourd’hui à La Réunion par voie de conséquence de grandes difficultés d’approvisionnement de toute la population. Continuer la lecture de « 10 jours pour changer votre rapport à l’alimentation ! »

Cultures alimentaires et aliments ultratransformés

Aujourd’hui, je voudrais vous parler Transformation des aliments et transformation des cultures alimentaires, suite à une conférence à laquelle j’ai eu la chance d’assister et aussi à la faveur d’émissions de Radio et de Télé dénonçant de plus en plus les aliments très, trop transformés par l’industrie agro-alimentaire.

« On est ce que l’on mange et on mange ce qu’on est » …
donc transformer les aliments nous transforme certainement ! Continuer la lecture de « Cultures alimentaires et aliments ultratransformés »

Redonner de la valeur à l’alimentation pour réduire le gaspillage alimentaire !

Le 16 octobre est la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Bouillabaisse, pain perdu, omelette, il y a plein de façons de moins gaspiller nos aliments… Et l’éducation alimentaire est primordiale pour cela !
Je partage la proposition sociologique par rapport au gaspillage alimentaire d’Eric BIRLOUEZ, Ingénieur agronome (AgroParisTech), Expert en Histoire et Sociologie de l’alimentation, Consultant, Enseignant-formateur, Auteur et Conférencier.
éducation alimentaire cours de cuisine ravate
En matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, des initiatives nombreuses ont vu le jour, mais elles demeurent insuffisantes.
Elles sont en effet essentiellement « techniques » (normes de calibrage, dates de péremption, distribution aux associations d’aide alimentaire, compost, méthanisation, etc).
Or, les réponses doivent aussi être « culturelles » : elles doivent nous inciter à modifier notre rapport à la nourriture, en particulier à lui redonner toute sa valeur.
En effet, que gaspille-t-on ?
Les biens qui, à nos yeux, revêtent peu de valeur.
Ce qui est aujourd’hui le cas de l’alimentation. Le passage de la pénurie à l’abondance nous a fait oublier la valeur vitale de la nourriture. Parallèlement, sa valeur monétaire n’a cessé de se réduire (en % du budget familial).
Il en a été de même de sa valeur sociale (on mange seul plus souvent) et humaine : le fait de ne pas connaître les personnes ayant contribué au repas servi à la cantine ou à la barquette « prête à manger » augmente notre propension au gaspillage.
Plus profondément, les aliments ont perdu leur valeur identitaire : en 2016, 1 Français sur 2 exprimait le sentiment de « ne plus savoir ce [qu’il] mange ». Or un produit à l’identité floue est plus facilement jeté à la poubelle.
Enfin, l’aliment industriel standardisé a vu disparaître sa valeur culturelle et symbolique. Quant à la valeur sacrée de la nourriture, elle n’a pas résisté au déclin de la religion…
Redonner aux aliments leur vraie valeur passera par la restauration d’une véritable « culture alimentaire » (connaissance des produits et des hommes qui les élaborent), par l’acquisition de compétences pratiques (savoir cultiver des légumes, cuisiner, manger « en pleine conscience »), par la (re)découverte du plaisir sensoriel et convivial. Les agriculteurs pourraient être les fers de lance – et aussi les bénéficiaires – de cette reconquête de la valeur de nos aliments. Et, ce faisant, de la lutte contre le gaspillage.

En mai, mange ce qui te plaît !

Le mois de mai a vu commencer un nouveau projet de sensibilisation au goût dans les écoles maternelles des quartiers prioritaires de Saint-Paul. C’est l’occasion de prendre le temps de découvrir les fruits, les légumes, les grains locaux et de saison !

Pour commencer, cette semaine, on a :

  • exploré l’odeur et le son de la coco séchée,
  • expérimenté la maturité des avocats au toucher,
  • découvert (et goûté pour les intrépides) le kaki
  • récolté les graines de ces kakis pour les planter
  • reconnu pour certains le fruit à pain
  • dégusté une fleur de capucine
  • savouré un pitaya…

Ces ateliers d’une demie-heure avec une douzaine d’enfants permettent de cheminer avec eux dans l’exploration des aliments et vers leur appréciation (finalement c’est « un peu bon quand même » 🙂 !).  Car l’éducation au goût c’est un procédé de longue haleine, que j’ai voulu illustrer avec l’exemple de la betterave… A vos réactions !

éducation au goût betterave

Un fruit miraculeux… pour les diabétiques !

Il s’appelle vraiment comme cela : le fruit miracle. Je l’ai découvert il y a un an sur le terrain agricole d’amis, à Saint-André. Et il est magique !

Il n’y a pas que moi qui le dis, les diététiciens du CHU Sud que j’ai formés cette semaine à l’éducation au goût sont bluffés et vantent le potentiel de ce fruit pour améliorer le plaisir alimentaire de leurs patients.

Le fruit miracle transforme l’acide en sucré

Ce fruit, Synsepalum dulcificum, a pour effet de supprimer les sensations de l’acidité et de l’amertume et de les remplacer par une perception sucrée.

Cette « illusion gustative » est activée par l’acidité de l’aliment, donc fonctionne très bien sur le citron, la tomate ou le yaourt. J’ai également testé sur la bière, le vinaigre ou encore la moutarde, mais l’application culinaire est moins intéressante !

Fruit miracle Synsepalum dulcificum

Il vous suffit de manger un fruit (moins d’un gramme frais) pour percevoir votre yaourt nature ou votre eau citronnée avec une saveur sucrée intense, mais sans les calories !

Vous comprenez maintenant pourquoi les diététiciens du service Diabétologie du CHU ont sauté au plafond !

Un arbuste qui ressemble au café

Synsepalum dulcificum est un petit arbre de la famille de Sapotacées, poussant en milieu tropical et originaire d’Afrique de l’Ouest.

D’après Wikipédia, sa croissance est lente, mais il peut atteindre 6 mètres. Ses petites fleurs blanches donnent naissance à de très nombreux fruits  longs de 2 à 3 cm, mûrs d’octobre à avril (voire plus tard pour le spécimen que je connais). Leur pulpe blanche et acidulée contient une seule graine1.

Synsepalum dulcificum seeds fruit

Pour les jardiniers réunionnais, sans vouloir faire du publicité (ou du moins sans toucher de commissions), vous trouverez de jeunes plants à Fermes et Jardins.

La miraculine fait de l’ombre à l’aspartame

La pulpe du fruit miracle contient une glycoprotéine nommée miraculine, qui recouvre les papilles gustatives, neutralisant l’acidité de tout autre aliment. Sa liaison aux bourgeons gustatifs de la langue est bien plus tenace que celle des édulcorants, d’où une permanence de l’effet pendant 30 à 60 minutes.

Pourquoi n’est elle pas plus connue ? Encore une triste histoire de lobby… Dans les années 70, un entrepreneur américain  a tenté de commercialiser la miraculine lyophilisée (Miralin©). Mais la FDA l’a bloqué, arguant que les tests de non toxicité n’étaient pas irréprochables, et a autorisé à la même période l’aspartame, cancérigène…

Vers une nouvelle mode ?

Au Japon, les médecins le prescrivent pour diminuer les effets indésirables de la chimiothérapie sur la gustation. Il est également utilisé par quelques chefs aux États-Unis !

Pas sûre qu’on en vende l’année prochaine sur les étals des marchés ou dans les pharmacies… Mais je compte faire déguster cette curiosité aux intéressés, qui ne manquent jamais de récupérer la graine pour la semer chez eux !

N’hésitez pas à me faire un retour si vous en connaissez des pieds !

Santé et alimentation, enjeux réunionnais

Les Assises des Outre-Mer ont rendu leur rapport sur la première phase, qui questionnait les priorités des ultramarins (7806 répondants, dont 1540 Réunionnais). La première chose qui apparaît c’est que les départements et collectivités d’Outre-Mer sont assez disparates en termes de priorités et de besoins : on ne pourra peut-être plus les traiter ensemble pour les nouveaux textes de lois. La seconde, ce sont les priorités données en relation à la santé :

Priorités concernant la santé en Outre-MerLa Réunion se détache des autres DOM en priorisant non pas l’accès aux soins (qui me semble de grande qualité ici) mais la prévention, notamment des maladies comme l’obésité et le diabète. Continuer la lecture de « Santé et alimentation, enjeux réunionnais »

Quelques recettes pour cuisiner avec les enfants…

Youpi, c’est la rentrée ! Goût Nature a animé des ateliers de cuisine pendant les vacances de janvier… sans faire une seule galette !

Nous commençons par la découverte sensorielle des ingrédients (même le beurre ou le bicarbonate 😉 !). Puis nous passons à l’élaboration d’une recette personnalisable par chaque enfant, en fonction de ses préférences alimentaires. Continuer la lecture de « Quelques recettes pour cuisiner avec les enfants… »

Avec ou sans sucre ?

Après mon article sur la sobriété et le zéro déchet, je me suis intéressée un petit peu à l’alimentation et à son côté maîtrisable… ou non !

Le hasard de la médiathèque me fait m’attaquer au sucre en premier lieu, mais c’est sans doute aussi l’aliment auquel je suis le plus sensible au point de vue gustatif. Culturellement, en bonne haut-savoyarde, je préfère le Comté au Nutella, donc cela m’est plus facile de m’interroger sur l’utilité du sucre, voire sur mon addiction.  Et suite à la semaine du goût organisée par son lobby, voici mon avis sur le sucre… à vos commentaires ! Continuer la lecture de « Avec ou sans sucre ? »

Semaine du Goût et Lobbies agro-alimentaires

Youhou, c’est bientôt la Semaine du Goût !

Une occasion en or pour proposer des activités, notamment samedi à l’Unikaz et lundi prochain dans une école.

Cette semaine me paraît être pertinente pour parler d’éducation alimentaire, pour améliorer un repas scolaire ou encore pour que nous prenions davantage conscience de nos sens lors d’au moins un repas… « Quelle belle initiative publique ! » me disais-je… Continuer la lecture de « Semaine du Goût et Lobbies agro-alimentaires »