10 plantes à fleurs pour attirer les papillons

Mon article sur l’hôtel à insectes n’est pas complet puisque j’ai omis au moins les Papillons. C’est que je souhaitais leur consacrer un plein article !

Article lui-même incomplet puisqu’il  concerne seulement les papillons de jour – ou Rhopalocères, si vous voulez briller en Garden Party – et quelques sphinx. De plus, j’ai sélectionné les espèces assez communes sur l’île.

Voici donc une liste de 10 plantes acclimatées à La Réunion qui sont prisées par les papillons (se nourrissant du nectar des fleurs) ou leurs chenilles (se nourrissant de leurs feuilles).

  1. Buddleia davidii ou arbre à papillons : c’est la référence pour les attirer en Europe mais il pousse mal à La Réunion, à réserver pour les Hauts !
  2. Duranta : cet arbuste de haies attire beaucoup de papillons et d’abeilles, à condition bien sûr de laisser s’épanouir les grappes de fleurs violettes parfumées (sent la vanille selon la littérature, mais pour moi cela sent la pâte à modeler Play-Doo…). Le sphinx tête-de-mort,inoffensif, y pond souvent ses œufs.
  3. Cuphea : petites fleurs mauves ou blanches qui ressemblent à la bruyère, se bouture très bien. Il fleurit toute l’année.
  4. Pentas : fleurs étoilées en ombelle, de nombreuses couleurs existent, se sème ou se bouture. Fleurit également toute l’année, visité par les papillons, aspirant le nectar avec leur trompe.
  5. Lantana camara (et L. montevidensis), ou Corbeille d’Or : la version ornementale du galabert. Fleurs groupées en ombelle de blanc à rouge vif, en passant par jaune et rose. Très résistante, elle est envahissante à La Réunion et comporte des épines. Se bouture bien et pousse en plein soleil.
  6. Asclepias et Gomphocarpus (ouate et ti-ouate) : ce sont les plantes hôtes des chenilles de Monarque (Danaus sp.), au même titre que d’autres Apocynacées. Se sèment bien, mais peuvent être totalement dévorées par les magnifiques chenilles ! Ces plantes sont toxiques : la chenille en s’en nourrissant d’elles se rend toxique pour toute sa vie de papillon.
  7. Barleria : petit arbuste à fleurs violettes ou jaunes en étoile, se bouture bien. Il accueille la chenille de Junionia rhadama, un beau papillon bleu aux ailes iridescentes, mais également très souvent des cochenilles.
  8. Stachytarpeta ou queue de rat : Petite plante présentant une inflorescence dressée, autour d’une queue de rat…  Les petites fleurs bleues ou rouges attirent l’adulte Junionia rhadama, aux ailes bleues iridescentes. Attention, cette plante est envahissante.
  9. Laurier rose : cet arbuste bien connu mais toxique nourrit le papillon endémique Euploea goudotti, ainsi qu’un sphinx qui lui est inféodé. Se bouture assez bien.
  10. Agrumes et Caloupilé appartiennent à la famille botanique des Rutacées, qui nourrissent les chenilles de Papilio phorbanta et Papilio demodocus… à condition qu’ils ne soient pas traités !

Toutefois certains papillons peuvent être de véritables plaies au jardin, comme les pyrales des crucifères ou les azurés du sagou…

Sources : Les Papillons de La Réunion et leurs chenilles, D. Martiré et J. Rochat, éditions Parthénope, 2008, 496 pages.
Mon jardin Tropical, A. Ternisien et F. Le Bellec, éditions Orphie, 2016,503 pages.

Accueillir les insectes au jardin

C’est les vacances !
Saint-Denis propose des bons plans vacances à 1€ par enfant en juillet.
Dans ce cadre, Goût Nature propose des ateliers du goût, de jardinage, mais aussi trois ateliers sur les insectes, le 18, le 24 et le 27 juillet. Ce sont des ateliers de 2h durant lesquels les enfants fabriqueront un hôtel à insectes pour les abeilles solitaires…

Deux heures d’exploration, de discussion… et de bricolage !

Testé en novembre 2017 à la Serre Pédagogique de Bois de Nèfles, l’atelier Hôtel à Insectes permet aux enfants d’explorer le jardin ou la cour à la recherche de petites bêtes, armés de loupes et d’un carnet à croquis.
S’en suit une discussion sur les caractéristiques des insectes qu’ils ont trouvés et sur leur utilité au jardin. Enfin, dans la version collective, nous aménageons tous ensemble un grand hôtel à insectes, l’occasion aux enfants de se mettre au bricolage, secondés par un adulte !

Hotel à insectes Gout Nature La RéunionPour la reproduction des insectes auxiliaires

Si La Réunion ne comporte pas d’hiver rigoureux durant lequel les insectes ont besoin de s’abriter, ceux-ci ont tout de même besoin de créer des nids pour se reproduire, ce qui est possible dans l’hôtel à insectes, aménagé pour différents types d’insectes visés : chrysopes, xylocopes (= mouche charbon), abeilles solitaires, syrphes, coccinelles…

Aidons les abeilles !

Dans la version individuelle, proposée pour les Bons Plans Vacances à Saint-Denis, les enfants vont créer et ramener chez eux un nichoir à abeilles solitaires, version simplifiée du modèle présenté dans cette vidéo. Si vous êtes en Europe, vous pouvez commander, sinon, voici un tutoriel pour en fabriquer un et attendre que les abeilles viennent d’elles-mêmes.

Actuellement, les abeilles domestiques sont en grandes difficultés, du fait de l’usage des insecticides, des pulvérisations contre la dengue et du virus du varroa.
Pour une bonne pollinisation dans votre jardin, vous pouvez mettre en place une ruche, ou plus simplement inviter ces abeilles inoffensives et indépendantes !

Que vous ayez un balcon ou un grand jardin, il est intéressant d’aménager des havres de biodiversité pour accueillir les pollinisateurs et auxiliaires de vos plantes.

« J’ai pas la main verte… »

« et toutes les plantes que je touche meurent… Alors avoir un jardin… impossible ! « 

Pas de panique. Fut un temps pas si lointain, je tenais ce discours (merci de m’offrir des fleurs coupées, comme ça je n’aurai pas à les faire mourir 😉 !). Pourtant maintenant une semaine sans regarder mes plantes me paraît bien longue !

Le « je n’ai pas la main verte » fait partie des croyances limitantes bien trop répandues dans la société (et dans mon cerveau), aux côtés de (rayer les mentions inutiles) :

  • « je ne suis pas créatif·ive/bricoleur·euse »,
  • « je ne suis pas scientifique/littéraire »,
  • « je suis nul·le en langues/maths »
  • « je ne sais pas chanter/danser ».

Mouais. Je vous le dis tout de suite, avec moi cette excuse ne prend plus !! Par contre, je peux tout à fait comprendre qu’on ait quelques inquiétudes et qu’on veuille être accompagné·e…

C’est pourquoi – TADAAAA ! – Goût Nature vous propose un atelier jardinage « pour les nuls, les peureux, les curieux et les intrépides » !

Atelier Jardin Adultes La Réunion Apprendre Permaculture JardinageJe vous propose d’animer 3 heures d’ateliers CHEZ VOUS, avec vos amis, amis d’amis ou inconnus, pour qu’ensemble on construise votre début de jardin. Continuer la lecture de « « J’ai pas la main verte… » »

La sobriété : une idée de bourgeois ?

Sans emploi ni revenus pendant 4 mois suite à ma démission, je me devais de réfléchir, approfondir et expérimenter cette fameuse « sobriété heureuse », consommation responsable, réduite voire zéro déchet ! Continuer la lecture de « La sobriété : une idée de bourgeois ? »

Création d’un potager

Voici venu le temps d’un vrai coin potager, avec l’ambition de cueillir parfois des vrais trucs à manger. Enfin plus que deux tomates cerises, quoi ! C’est l’occasion de mettre en pratique la technique de la butte sandwich, présentée par Robert MOREL, ingénieur agronome à la retraite. Le principe de la butte sandwich, c’est de préparer une belle litière sous notre planche de culture, pour recréer un sol riche, développé grâce à une litière fournie. En fait, on va faire de l’humus artificiel ! Cette technique est intéressante si vous partez de zéro, c’est à dire un sol tout pourri avec une fertilité médiocre. Genre ma pelouse, quoi.

Une technique pour zones arides

EDIT du 9 novembre 2016 : 18 mois plus tard, ce n’est pas très concluant.
Le bois n’est pas décomposé, sans doute car je n’ai pas osé assez arroser (à faire en décembre pour profiter des pluies).
Le sol n’est pas tassé, je perds donc des semis quand la terre s’effondre.
Et puis j’ai surtout entendu depuis que c’est très efficace dans les zones arides (Australie, Sahel), mais pas ailleurs !!!
N’appliquez pas bêtement (comme moi !) une technique inadaptée à votre climat.
La permaculture, c’est avant tout observer, mais aussi expérimenter.
Pour préparer un sol dans les Bas arrosés de La Réunion : planter des légumineuses (arachide, zambrevade), couvrir le sol et l’amender en surface, mais pas en profondeur comme indiqué ici, car on fait pourrir sans oxygène au lieu de dégrader !!

Time-lapse de la butte sandwich !

Un sandwich de matières à décomposer

La première étape, la plus dure, c’est de creuser une fosse, d’environ 35-40 cm de profondeur, et d’une largeur maximale d’1m ou 1m20. 1 mètre 20, c’est deux fois 60 cm, c’est-à-dire la longueur de bras de part et d’autre de la butte pour atteindre n’importe quelle herbe ou plante de la butte. Vous pouvez prendre vos mensurations avant de commencer, ou me faire confiance. Au choix. On remarquera dans mon cas que je n’ai qu’un accès latéral pour ma butte sandwich, donc je l’ai faite plus étroite.

Si la surface est très enherbée, tondez ou débroussaillez d’abord, et, comme on dit en cuisine, réservez les tontes.

Selon la pierrosité et la compaction de votre sol, cette tâche vous prendre plus ou moins de temps. Pour ma part, j’y ai passé une grosse demi-journée et ai eu l’impression de mettre à nu un champ de menhirs. Courbatures incluses !

Une fois que vous avez creusé votre tombe cette fosse, emplissez la de branchages. Morts ou verts, gros, moyen, petits. Montez dessus, sautez-dessus, il va falloir tasser tout cela. Sinon, top du top, utilisez un broyat forestier.

Ensuite, sur cette couche très ligneuse, vous allez pouvoir apporter de la cellulose : tontes de gazon, mauvaises herbes, feuilles, paille. Pour rappel, tout arbre est composé de lignine (ou presque tous les arbres, ne compliquez pas), c’est le bois. Et tout ce qui est vert, végétal et mou est constitué de cellulose. L’idée dans la butte sandwich comme dans votre compost, c’est d’apporter les deux : lignine et cellulose, vert et marron, frais et sec, azote et carbone.

Pour faire court, on doit apporter à nos micro-organismes du sol ou du compost un régime équilibré, avec pas trop d’azote, mais tout de même suffisamment.

Une butte qui doit être très humide au départ !

A ce moment là, il convient d’arroser très copieusement les végétaux dans la fosse. Pour ma part, j’ai plus fait confiance au climat réunionnais et à ses records de pluviométrie…

Pour compléter le régime des micro-organismes, on peut ajouter des cendres, des os ou des coquilles vides (oeufs, escargots ou huitres pour les plus bourgeois).

Puis, pour assurer une fertilité correcte dès le départ, et aussi « ensemencer » (comme pour les yaourts ou le pain) votre sol, ajouter copieusement du fumier ou du compost. Couvrir ensuite avec la terre qu’on avait réservée, puis disposer des bouteilles retournées pour permettre d’arroser fortement le sous-sol.

Planter et pailler (au moins 20 cm d’épaisseur) ou semer, avec des associations de culture et des plantes auxiliaires, bien sûr !

Principe de la butte sandwich
Principe de la butte sandwich
Variante de la lasagne !
Variante de la lasagne !