Relocaliser notre alimentation

Je suis en vacances en Métropole, au milieu de canicules, feux de forêt, augmentation des prix de l’énergie et autres réjouissances qui me semblent allumer l’étincelle d’une conscience (éco)logique.

Néanmoins, j’entends encore, ou même de plus en plus des discours moralisateurs ou culpabilisant le citoyen, notamment s’il n’est pas assez riche pour « mettre à jour » sa voiture (je crois qu’on arrive dans l’obsolescence institutionnelle des véhicules).

Pour autant, moi je crois que le citoyen n’a pas à se sentir coupable. Ses actes sont généralement de bonne foi, il ne laisse pas tourner le moteur de sa vieille Clio toute la nuit, encore moins à 2€ le litre de carburant. Pour moi, je problème c’est le SYSTÈME. Et comme c’est ma passion et mon domaine, je voudrais vous citer les aberrations du système alimentaire que j’ai vues récemment. Parce que manger local, c’est pas le plus évident.

Fin de la souveraineté alimentaire
Photographie d’Alexa Brunet – Fin de la souveraineté alimentaire, Série Dystopia – 2014

10 aberrations du système alimentaire français, ou plutôt mondialisé

  1. Ma première rencontre avec les bugs du système alimentaire remonte à bien longtemps, avant 2000. Collégiens, nous avions visité l’usine d’Évian. En détaillant leur produits, il nous avaient montré le format spécialement conçu pour les distributeurs au Japon… Le Japon ! On exportait donc de l’eau (pure soit, mais pas non plus thérapeutique) en Extrême-Orient ! J’avais toujours vu petite les wagons fret d’Évian, mais bêtement, je pensais que c’était pour l’approvisionnement français, puisqu’ailleurs, ben, ils avaient aussi de l’eau en bouteille ! Je retrouve ma surprise d’enfant à chaque fois qu’un resto chic à La Réunion propose de la San Pollutiono plutôt que les marques locales d’eau pétillante.
  2. Vint ensuite mon stage de fin d’études dans la province de Salta, Argentine. J’y ai étudié la dynamique de front pionnier de déforestation, au profit du soja qui nourrirait les porcs européens ou les véhicules diesel, via le diesther. J’y ai aussi découvert la culture de poroto blanco, haricot blanc fini au glyphosate, exporté avec l’Europe, par exemple pour cuisiner un bon cassoulet bien de chez nous ! On était bien loin de la mogette vendéenne que j’avais découverte l’année précédente…
  3. Il y a bien sûr la prédominance de fruits espagnols sur les étales français, même bio. L’Espagne qui choisit un modèle économique d’exportation d’eau sous forme de fruits et légumes et assèche de plus en plus des régions entières, comme l’Andalousie.
  4. Trouvant plus difficilement des fruits français, je suis retournée dans la Drôme ou j’avais récolté les abricots en job d’étudiante, l’été. Stupeur ! La moitié des vergers fruitiers ont été remplacés par des hectares de chênes truffiers. Je me suis dit qu’on aurait du mal à nourrir les Français avec de la truffe…
  5. Ensuite je constate la mode de la patate douce, en pleine époque des pommes de terre primeur. Les patates douces viennent d’Israël et du Pérou… l’embarras du choix !
  6. Puis je découvre que les oignons vendus viennent de Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire aux antipodes de chez nous ! On m’a parlé depuis d’un accord de libre-échange récemment signé avec la NZ.
  7. Sans parler bien entendu des graines de moutarde semblerait-il perdues cette année dans les méandres de la mondialisation
  8. Ce qui m’a rappelé le reportage d’Arte (il n’est plus en ligne) sur grande partie des lentilles consommées mondialement qui sont produites massivement au Saskatchewan, Canada
  9. Il y a bien entendu les fois où je trouve au supermarché réunionnais, en plein hiver austral, des oranges égyptiennes vendues 1 €/kg de moins que les tangors bien mûrs…
  10. Et ma dernière découverte : la brique de lait Métral, c’est une marque locale en Haute-Savoie depuis que je suis petite. Le lait est bien produit dans les 2 Savoie, mais conditionné dans le 82, à la laiterie de Montauban, dans le Tarn et Garonne, à 645 km de là. Le lait local acheté a donc parcouru 1300 km en camion pour se faire conditionner, alors que cela était fait localement avant…

Quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça se vende plus. Quelle misère !

Coluche, en vidéo

Quelle misère, oui, mais aussi quel pouvoir !

Reprenons le pouvoir !

Quel pouvoir j’ai, d’avoir le choix de changer de produit, de marque, de magasin ! De choisir d’acheter et de manger local.

La responsabilité de l’acte d’achat, c’est un énorme pouvoir… La part cynique en moi ajoute que c’est le seul qui nous reste… Alors je pense qu’il est primordial aujourd’hui de chausser ses petits lunettes, et de savoir ce qu’on achète !

Sans culpabilité, mais de façon assumée. Par exemple, lorsque j’anime un atelier DIY sur la lessive, je détaille les ingrédients gras qui figurent sur l’étiquette. Ainsi, le sodium olivate est créé par la saponification de l’huile d’olive, sodium palmate par l’huile de palme souvent sur d’anciennes forêts tropicales et sodium tallowate à partir de graisse animale. On peut faire son choix éclairé en fonction de ses moyens et de ses fournisseurs. Il n’y a pas nécessairement un meilleur produit, c’est selon chacun !

Quelques pistes pour moins se planter…

La première des choses, pour manger local, ou au moins français, c’est de lire les étiquettes. La provenance des fruits et légumes est obligatoirement affichée dans les étals des supermarchés et des marchés. Vous pouvez réclamer en cas inverse. Il est plus facile de manger local en allant au marché et chez le primeur qu’en grande surface.

On peut aussi lire les petites lignes : le label européen Agriculture Biologique doit préciser si les produits viennent de l’UE ou non. C’est le cas aussi pour le miel, objet d’énormes fraudes hors Union Européenne. Tiens, je pense d’ailleurs au miel Albius, qui n’a de réunionnais que le nom…

On peut aussi regarder le macaron de conditionnement. C’est dans un ovale, et les premiers chiffres correspondent au département. On a de petites surprises avec ça, par exemple sur le fromage rapé !

Il y a aussi du bon sens : sur un marché, il y a de nombreux revendeurs, et je peux le voir aux autocollants sur leurs fruits !

Pour aller plus loin…

Je vous laisse découvrir d’autres articles à propos de l’alimentation sur mon blog.

Et les vidéos de Bruno Parmentier sur le système agricole mondialisé. Voici l’épisode sur les vergers d’amandiers ultra-capitalistes qui épuisent les abeilles… Pas si sympa pour les végans qui veulent bien faire !

Je compte sur vous pour ouvrir l’œil, et m’aider à continuer cette liste !

Planter du cambarre ou igname

C’est la bonne saison pour planter du cambarre à La Réunion ! Je vous le présente un peu, même si je ne plante ce tubercule que depuis un an. Par ailleurs, la page Wikipédia mériterait d’être refaite et corrigée !

Description

Le cambarre ou kambar correspond à l’igname ailée Dioscorea alata. Je ne l’ai jamais vue voler mais sa tige est ailée, comme celle des barbadines et je trouve ça magnifique. La tige est teintée de pourpre, même pour le cambarre blanc, ne soyez pas déçu⋅e à la récolte ! Cette plante viendrait originellement de Nouvelle-Guinée, à la différence des autres ignames, africaines.

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10 fleurs comestibles locales

Pour la semaine du goût, pourquoi ne pas manger ces fleurs ?

Je reprends ici un article de Femme Magazine (du 17 septembre 2017) dans lequel Isabelle Hoarau, ethnobotaniste et spécialiste des jardins créoles, présente ses fleurs comestibles préférées à La Réunion.

Source : [Femme Magazine] Le « Top 10 » des fleurs comestibles | Clicanoo.re

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Autonomie menstruelle

Ce blog est aussi un recueil de conseils écolos, pour manger, se laver, se vêtir… Aujourd’hui, j’ai à cœur de vous partager mon retour d’expérience sur les culottes de règles, et vous inviter à un atelier !

Mode féminine ?

Il faut croire qu’il y a des courants de mode même dans l’hygiène féminine…

J’ai d’abord connu les « pattes-à-cul » comme les appelle ma copine Mathilde, puis j’ai grandi avec la pub des Tampax et des filles qui mettaient leur string par dessus leur cycliste… pourquoi ? sans doute car ça fait superhéros (Superman s’habillant à l’envers) !

Ensuite j’ai suivi la mode de la coupe menstruelle, et maudit les toilettes sans lave-main.

Et puis j’ai omis la mode des serviettes hygiéniques lavables pour passer directement aux culottes menstruelles… J’espère que cette mode ne va pas passer car cela me paraît révolutionnaire !

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Planter et cuisiner des lalos

J’aimerais vous partager mes retours d’expérience probants dans mon jardin, et dans ma cuisine. Ce qui pousse dans mon potager pour le moment, ce ne sont pas les légumes que je mange souvent ou que j’aimerais manger. C’est ceux qui veulent bien pousser et fructifier.

Dans mon projet d’autonomie, on dirait bien que je suis encore au premier principe de la permaculture : observer. J’observe ce qui pousse bien chez moi (les bas de La Possession) sans trop d’arrosage et d’acharnement thérapeutique…

Pour le moment, il s’agit de la roquette, de la rouroute, des zambrevates et des lalos. Disons que c’est ce que je crois maîtriser. Commençons donc par les lalos.

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Plastique : polluant ou précieux ?

En juin, j’ai participé à l’inauguration des machines Precious Plastic de l’association Cyberun. C’était de longue haleine : voilà déjà plusieurs années que j’anime et forme en collaboration avec cette association. Ils peuvent enfin déployer leurs machines de fabrication, pour la sensibilisation de la population autour du plastique.

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Convertir un quintal par an

En avril 2021 s’est tenue dans la France entière la quinzaine Tous au compost. J’ai assisté aujourd’hui au bilan sur l’île… et je m’étonne qu’on ait ce bilan en 2021… j’aurais dit plutôt 2001. Revenons ainsi sur la situation actuelle et les gros gros enjeux de déchets à La Réunion et en Outre-Mer.

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10 attentions pour aider quelqu’un atteint de la dengue

A chacun son épidémie, hein ! Je fais le pari que 3/4 des points vaudront pour beaucoup d’autres maux, et qu’ici c’est hélas bien utile actuellement !

J’en ai eu l’idée lorsqu’une amie médecin de métropole m’a demandé si je travaillais en ayant la dengue…

Non, je ne travaille pas… je ne suis pas capable de monter à l’étage seule ni de presser un citron.

J’avais lu sur le Facebook d’une amie récemment accouchée une infographie pour rendre visite à une jeune maman. Ça m’avait beaucoup plu, parce que si on n’a pas été dans ce cas-là (ou il y a très longtemps), on peut avoir l’impression de ne pas savoir comment aider… alors que de toutes petites choses peuvent être de grands soutiens.

  1. l’appeler en lui demandant ce qui lui ferait plaisir (de manger, de boire, d’écouter…).
  2. lui ramener de la nourriture en petites portions et avec très très peu de sel (rapport à la dysgueusie). J’ai pensé « eurêka! des petits pots de bébé ! » mais il y a un risque que la personne ne puisse pas l’ouvrir (oui, vraiment). Il faudrait donc les préouvrir ou trouver un autre contenant ? Des fruits sont aussi très bien, ainsi que des légumes mais sans aucune préparation : je m’étais fatiguée de mâcher une demi-carotte… Si c’est à réchauffer pour plus tard, disposez un tabouret dans la cuisine, c’est salvateur.
  3. quand vous arrivez, proposez-lui de laver ses draps et ses pyjamas (les plus amples et les plus doux, rapport au prurit), en cycle court (voir point suivant) et sans parfum (rapport à l’hypersomnie).
  4. pendant ce temps… car, non, ne rêvez pas, la personne ne pourra pas toujours étendre ce linge dans le délai imparti par l’hygiène, la bienséance et surtout son odorat trop développé.
  5. prenez de ses nouvelles, en écoute empathique (sans conseils, ni « ça va passer », ou « pour moi c’était comme ça »), juste… écoutez.
  6. faites et ranger la vaisselle, car quand on a la dengue, on ne sait que où sont les verres propres, pas les sales (bon, c’est mon témoignage, hein !).
  7. ou alors un peu de ménage : le linge, le courrier ou juste les bouteilles d’eau ou boites de paracétamol.
  8. arrosez les plantes et nourrissez le chat, ou l’inverse si nécessaire.
  9. préparez-lui un litre de tisane (galabert, verveine, cannelle par exemple) ou une eau aromatisée, mais avec très peu d’acide ou de piquant (rapport à la dysgueusie).
  10. massez-lui les pieds (ou ailleurs, comme elle voudra !) avec une huile végétale et quelques gouttes de ravintsara, niaouli et menthe par exemple. Voici un merveilleux documentaire de pourquoi toucher les gens, notamment en souffrance.

Cette liste est partageable sans utilisation commerciale (CC-NC, car c’est fou l’argent qu’on se fait sur la maladie, déjà bien assez, merci !) et si vous avez à cœur de la rendre jolie, merci d’avance !
Pour ceux qui habitent très loin, je pense que les massages à domicile (conseillés pour le Mois d’Or) ou simplement une livraison d’un repas pourraient le faire… mais vous avez compris, j’aime le toucher !! En dernier recours, il y a cela, mais ça coûte tout de même 2000$ !! 😉

Comment (oser) tailler ses arbres ?

Je suis heureuse de vous partager mes apprentissages d’une formation sur la taille des arbres par Michaël Scheer de Runziliens. Bien sûr, rien ne remplace la pratique encadrée et l’expérience, mais voici quelques rudiments.

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Au potager, favorisons l’entraide !

Lors de mes ateliers Jardinage au naturel, j’ai toujours des questions sur les ravageurs et comment y faire face. Je peux répondre avec des recettes et astuces. Mais avant, il est bon de rappeler que les plantes font preuve d’entraide.

L’entraide, l’autre loi de la jungle

Si vous pensez encore que la loi de la jungle, c’est la compétition et chacun pour sa gueule/pomme, vous n’avez pas regardé récemment de documentaire sur les forêts ou une interview de Pablo <3 Servigne.

On a notamment démontré que les arbres (à travers le réseau racinaire et mycélien) peuvent aider et nourrir un arbre malade, mais aussi s’avertir de l’arrivée d’un prédateur pour se défendre collectivement.

Bref, il semblerait que le discours compétitif dont on nous a biberonné n’est pas réellement scientifique mais plutôt culturel ou politique…

Les associations bénéfiques dans le potager

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