Les Maternelles du Goût à La Réunion

Les Maternelles du Goût sont un programme d’éducation à l’alimentation créé par Eveil o Goût, en Bourgogne et essaimé à toute la France. Ce programme est issu d’un projet de recherche et a fait l’objet d’une évaluation. Il est inspiré du programme des Classes du goût (pour l’élémentaire, souvent en CE2), de Jacques Puisais, mais avec beaucoup plus de sensoriel remplaçant le cognitif.

Aude Gaignaire était venue former une douzaine de personnes à ce programme, et j’ai eu la chance d’en faire partie ! C’est un programme que je repropose chaque année, pour toutes les classes de Maternelles, notamment dans les projets d’éducation à la nutrition inclus dans les comités locaux de santé (CLS) ou les Projets d’Alimentation Territoriaux (PAT). Je l’adapte au terroir réunionnais et parfois je le maille avec les Kosa in shoz.

Une progression pédagogique à travers les 5 sens

Une des clés de l’efficacité de ce programme est à mon sens la récurrence des séances, avec une structure fixe qui devient familière pour les enfants, au fil des semaines. Le programme initial est constitué de 6 séances :
Séance n° 1 : La pomme grenouille- Les 5 sens
Séance n° 2 : Le bonhomme légume- Le toucher
Séance n° 3 : La fête de la soupe- La vue et les 5 sens
Séance n° 4 : Le concert des légumes- L’ouïe
Séance n° 5 : Des odeurs plein le nez- L’odorat

De mon côté, je propose plutôt 4 à 5 séances en classe, mais en ajoutant aussi une séance culinaire parent-enfant en fin de programme, pour clôturer et célébrer. Comme détaillé dans un autre article, le lien avec la maison est primordial pour garder la curiosité à goûter et l’envie d’ouvrir son répertoire alimentaire.

Des séances structurées d’environ 1h20

Les Maternelles du Goût sont diffusées via une formation et avec une mallette, qui contient un théâtre d’ombre. Ainsi, chaque séance commence avec une mise en contexte et un appel à l’imaginaire, à travers des histoires de Clémentine et Tartarin.

Pour La Réunion, Tartarin est renommé en Tamarin et j’ai ajouté des fruits et légumes locaux, avec de nouvelles silhouettes pour le théâtre d’ombre. Les scénettes peuvent être jouées en français ou en kréol.

Vient ensuite un temps d’exploration sensoriel, avec de vrais aliments locaux et de saison que j’apporte. Nous terminons la séance par un temps de « main à la pâte », qui permet aussi souvent de faire le lien à la maison.

Les effets de ces séances

Lors de mes nombreuses animations de ce programme, j’ai pu voir augmenter la curiosité et l’envie de goûter des enfants, au fur et à mesure que la confiance et l’habitude s’installent. Ainsi, certains élèves m’ont supplier de pouvoir goûter l’ail cru ! D’autres deviennent des experts en épluchage ou se maquillent et font les ongles avec un morceau de betterave. L’ambiance est toujours enjouée et nous voyons bien que l’alimentation est une thématique conviviale et fédératrice, avec l’enseignant, mais aussi l’ATSEM, les parents et le personnel de cantine !

Voici quelques photos du programme développé à Trois-Bassins :

Trouvez la fève !

Joyeuses fêtes ! Je vous partage ma joie et notre fierté : nos devinettes sont adaptées en fèves pour cette Épiphanie !!

6 fruits d’été ont été moulés en 6 fèves, avec une devinette en créole inscrite sur le pourtour. Collectionnez-les et participez au concours pour gagnez des goodies, un livre ou un voyage en Afrique du Sud ! Plus d’information sur https://jeu.lemeunierdebourbon.re

Une collaboration entre Sapot’n Brèd et Meunier de Bourbon : fructueuse !!

Merci à l’équipe, qui nous ont permis aussi de visiter le moulin (sujet d’un prochain article ?!).

Sans lait ni produits laitiers…

Il y a bien longtemps, j’avais essayé de me passer ou de limiter le sucre. Actuellement, je dois éviter toute consommation de produits laitiers pendant l’allaitement de mon bébé, allergique aux protéines de lait de vache.

Pas facile, pour une Haut-Savoyarde, biberonnée au fromage, crème fraîche et beurre ! Heureusement, à La Réunion, les plats y ont moins recours. Mais concernant les desserts et autres douceurs, elles contiennent souvent du lait ou du beurre, snif…

À titre d’exemple, dans mon livre de recettes qui présente 250 desserts, 119 contiennent du beurre ! Il y en a aussi au lait, au yaourt, à la crème ou à base de fromages (mascarpone, ricotta ou cheesecakes).

Alors voici mes recherches et recettes pour se régaler, en essayant de privilégier les produits locaux.

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Découvrez notre livre et les kosa in shoz…

Bonne nouvelle ! Notre livre est disponible dans toutes les livrairies : Autrement, Gérard, Zou et la SOPÉ.

Et nous proposons des ateliers sensoriels et de dédicaces. Le prochain sera le 27 juillet à Zou, et le suivant le 21 septembre au Verger de Mahavel (plus d’infos à venir). Nous proposerons des découvertes sensorielles de fruits, légumes et aromates de saison, pour redécouvrir des kosa in shoz ou en écrire de nouveaux !

La littératie alimentaire

A la fin de l’article précédent, je vous citais le concept de littératie alimentaire. Aujourd’hui, j’ai à coeur de vous partager cette interview de Sophie Nicklaus car elle rend compte de mon point de vue et de la vision que je me fais de mon métier !!

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Quoi manger, quand, comment ?

Il y a 4 semaines passait le cyclone Belal sur La Réunion. Les arbres ne sont pas encore tous relevés, ou tronçonnés. Mais l’impact est visible également ailleurs : sur les étals des marchés, comme à chaque saison cyclonique intense. Salade à 3€, courgettes à 8,50 €/kg…

cyclone ouragan 1807 La Réunion
Ouragan de 1807 à Saint-Paul

Comment continuer de promouvoir les fruits et légumes auprès des publics défavorisés avec ces prix-là ? En leur offrant des cartes cadeau de surgelés ? Et que faire de nos velléités d’autonomie alimentaire, si toutes les productions sont détruites en janvier-février ? A Dos d’Âne par exemple, une des grandes zones de production de salades et légumes-feuilles, beaucoup de maraîchers observent une pause tous les ans, limitant ainsi les pertes au champ et le travail saboté par les fortes pluies. Et donc quoi, on mange des boîtes de conserve ?

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Émission sur l’éducation alimentaire à La Réunion

Oté La Renyion et le monde !
Nous avons eu le plaisir de présenter I kronm sou la dan, Sirandanes à croquer sur Réunion Première, en radio et en télé. On a parlé de tarte aux caramboles, d’économies, de brèdes, de chouchou, de jeu, de progression pédagogique et bien sûr de kosa in shoz !

C’est un bon aperçu de tout ce qu’on pourrait imaginer en éducation alimentaire, notamment pour faire participer les enfants dans la préparation des repas.

Réécoutez l’émission On en parle du 27 juin 2023.

Et il reste 9 jours pour commander votre livre, vos cartes postales, votre aquarelle ou un atelier sur PocPoc ! Psssit, il reste encore une dizaine d’exemplaires, qui sont déjà imprimés !

Le livre I kronm sou la dan présenté dans l'émission et disponible sur pocpoc.re

Oh, et pour la recette du fameux gâteau au chocolat, qui a monopolisé 10 minutes d’émission et mobilisé 2 auditrices, c’est ici !

Sirandanes à croquer – le livre !

Lancement de notre campagne de financement participatif et de prévente de notre livre, I kronm sou la dan – Sirandanes à croquer.

Je vous en ai parlé plus tôt dans l’année, mais aujourd’hui, c’est le grand jour ! Notre livre est en cours de mise en page avant impression. Et nous lançons une campagne de financement participatif et de prévente de notre ouvrage I kronm sou la dan – Sirandanes à croquer.

Vous en avez la primeur, alors rendez-vous sur PocPoc.re pour soutenir notre projet, acheter un livre, commander un atelier… et n’hésitez pas en parler autour de vous ! Nous avons besoin d’atteindre rapidement 20% de financement pour pouvoir diffuser cela sur les réseaux sociaux.

A votre bon cœur ! Je me réjouis de bientôt pouvoir contempler nos ouvrages imprimés (localement, bien entendu !) et vous les livrer !

Ce financement participatif constitue le co-financement d’un appel à projet DAAF dans le cadre du Programme National de l’Alimentation. Il nous permettra d’imprimer largement le livre et de commencer la diffusion dans les écoles, établissements de santé, bibliothèques, etc.

Sapot’n brèd

Faire-part de naissance de l’association Sapot’n brèd.

C’est le nom de notre association, créée il y a une semaine, pour la diffusion de notre super outil pédagogique d’éducation alimentaire, les sirandanes à croquer.

logo association sapot'n brèd
Choix d’une sapote jaune et d’une liane de brède chouchou pour notre logo, réalisé par Nadine !

Pour l’instant, elle regroupe Nadine, Patricia et moi, les porteuses de projet. Nous avons enfin notre association pour faire connaître et transmettre nos outils pédagogiques, nos méthodes et nos retours d’expériences sur la valorisation du patrimoine alimentaire, végétal, culturel, artistique.

Faites nous signe en commentaire ou par mail à sapot.n.bred@désolées mais on ne s’est pas encore dégooglisées si vous souhaitez rejoindre l’association Sapot’n brèd et son cercle de gouvernance.

Et si le logo vous intrigue ou vous donne l’eau à la bouche, découvrez la sapote blanche ou le canistel chez Latitude fruitière !

Restez connectés car on a plein de zafer dans nout bertel !

Propositions locales d’éveil au goût

Voici quelques propositions de séances d’éveil au goût que je peux animer, ou qui peuvent être animées en crèche, maternelle, élémentaire ou même avec les adultes. Il suffit de moduler les apports (langagiers, cognitifs, techniques).

Il est néanmoins important de poser un cadre au début de chaque séance, pour mettre en appétit et replacer le participant dans un contexte positif. Cela peut-être un théâtre d’ombres (comme celui proposé dans la mallette des Maternelles du goût), un théâtre d’objets (une scénette avec de vrais légumes, qui parlent), un conte (Rondo, la chasse aux bilimbis…), une chanson ou encore des devinettes créoles.

On peut d’abord proposer des ateliers d’éveil au goût en fonction des familles d’aliments. Ici, je propose des animations et recettes en lien avec les familles d’aliments sous consommées (et facilement disponibles pourtant) :

  • les 5 sens et les fruits -> cuisiner des cookies fruités
  • les 5 sens et les légumes -> préparer un apéro de légumes
  • les 5 sens et les grains -> cuisiner du houmous, un brownie aux haricots rouges… mais on pourrait aussi apprendre à faire germer des graines, ou les semer !
  • les 5 sens et les féculents locaux (tubercules) -> préparer la rouroute ou transformer le manioc

Mais on peut aussi, comme les Maternelles du goût proposer des ateliers thématiques sur les 5 sens :

  1. le toucher et les légumes (cuits ou crus)
  2. l’ouïe et les aliments (le concert de légumes)
  3. les odeurs et les aromates
  4. la vue et les aliments (sauces colorées)
  5. le goût et les aliments acides et/ou amers

Si on a le temps, il est bon de proposer une séance sur les saveurs et les aliments acides (avec l’ajout de sucre ou de sel pour parler des autres saveurs et de l’effet gustatif des mélanges) puis une séance sur les saveurs et aliments amers.

À ce sujet, je n’ai aucun problème à proposer des aliments très acides (bilimbis, tamarins) ou très amers (endive, margoze). L’idée n’est pas nécessairement que l’aliment brut plaise directement et à tous. L’idée est plutôt de mémoriser dans la bouche ce qui est « acide » et ce qui est « amer ». Et voir qu’on peut le moduler par des ajouts (cacao+sucre) ou des préparations… ou encore avec un fruit miracle (pour les adultes).

Fruit miracle Synsepalum dulcificum
Découverte sensorielle d’aliments acides avec le fruit miracle

Il est possible de prolonger ces découvertes sensorielles et culinaires par un jeu ou un quiz (sur les brèdes, ou via le loto des fruits de La Réunion, etc.) mais un des plus grands enjeux pour moi est de proposer un ancrage, un lien avec la maison. Cela peut être :

  • une fiche recette
  • un dessin, réalisé en peinture comestible
  • une photo (de l’enfant grimaçant avec un quartier de citron)
  • un livre
  • une affiche, comme celle des portions de fruits et légumes locaux.