La sobriété : une idée de bourgeois ?

Sans emploi ni revenus pendant 4 mois suite à ma démission, je me devais de réfléchir, approfondir et expérimenter cette fameuse « sobriété heureuse », consommation responsable, réduite voire zéro déchet !

Mes lectures sobres…

J’ai donc acheté le livre de Pierre Rabhi pour m’y familiariser !
Première erreur : acheter un livre… L’objet livre est quelque chose que j’aime posséder ou offrir. Mais en l’occurrence, mon acte d’achat fut dicté par ma peur de m’ennuyer dans le train, alors que j’avais déjà prévu d’autres activités pour m’occuper ! Résultat : j’ai acheté, transporté et stocké un livre papier facile à trouver, détenu par certains de mes amis, et qui plus est, dont je n’avais aucun retour !
Oui, c’est la deuxième erreur : ce livre est… nul. Enfin… très peu digeste, car le style de Pierre Rabhi est pour moi poncif, étouffe chrétien !! Et puis je m’attendais à un livre qui certes prenait position, mais qui enjoignait aussi le lecteur à de belles (et simples) initiatives, comme dans le film Demain. Non, je trouve Pierre Rabhi encore négatif, moralisateur, et peu constructif. Pour tout vous dire, en 164 pages, je n’ai rien appris si ce n’est sa biographie peu commune. Autant attendre le biopic ou lire sa page Wikipedia !

Depuis, je suis tombée sur le livre Zéro Déchet, de Béa Johnson. Et cet ouvrage correspond bien plus à ce que je cherchais. Sous-titré 100 astuces pour alléger sa vie, il ne s’agit pas uniquement de réduire ses déchets. En fait, c’est une vision assez générale d’une consommation très repensée, réfléchie, réduite. Cette française vivant aux États-Unis nous fait part de son expérience, de ses errances et de ses astuces pour consommer de manière à n’émettre qu’un litre de déchets par an !! Elle peut être perçue comme jusqu’au-boutiste, mais raconte de manière critique ses essais personnels, de la teinture maison, au PQ réutilisé, en passant par le barattage du beurre. Elle est revenue de beaucoup de choses, mais promeut sa vie actuelle, débarrassée de beaucoup de possessions, d’additifs, d’emballages et de produits chimiques. Une vie simple, basée sur le temps et le l’humain. Car la philosophie Zéro Déchet, c’est une sobriété et une consommation locale et responsable, avec beaucoup de fabrication maison, donc de gros bénéfices économiques et sanitaires, mais aussi souvent des gains de temps et d’espace.

Faire le tri

Son premier conseil est un conseil de tri : pas celui de la poubelle jaune, mais de tri et de vide dans sa maison. Cela se rapproche de ce que j’ai lu sur le feng shui récemment et des envies de nettoyage qu’on peut avoir au début d’une saison ou d’un nouveau mode de vie ! Ainsi, commencez par faire le tri chez vous, pièce par pièce. C’est aussi ce que préconisent les bouddhistes, argumentant que notre mental ne peut être au repos lorsque notre maison est trop foisonnante, surchargée…

  • Réparez ce qui ne fonctionne plus (notamment via les bénévoles d’un Repair Café, ici Réparali dont je fais désormais partie !) ou apportez-le en recyclerie, avant la déchetterie !
  • Jetez, compostez, ramenez ce qui est périmé.
  • Donnez, vendez ce que vous n’avez pas utilisé depuis un mois (selon Béa Johnson, mais je vais me fixer à un an, car j’aime mon appareil à raclette…) ou ce que vous avez en plusieurs exemplaires.
  • Jetez ce qui est mauvais pour votre santé : une poêle en Téflon, un micro-ondes, le shampooing qui pique les yeux, les produits chimiques de jardinage, etc… Les déchets dangereux et leurs bidons vides sont à déposer en déchetterie.
  • Débarrassez-vous ce que vous gardez soit par culpabilité (les flûtes à champagne sans pied qu’on vous a offert) soit car « tout le monde a cela » (le sèche-cheveux que vous n’utilisez jamais)
  • Donnez, vendez tout ce qui consomme trop de place (cuit-vapeur…) ou de temps à nettoyer (le robot de cuisine VS la râpe à main).

Globalement, il convient de garder ce qui est pratique et utilisé souvent, et réutilisable.
On peut appliquer un principe de permaculture à sa salle de bain ou à son sac-à-dos de voyage : chaque article devrait pouvoir occuper plusieurs fonctions (mon chèche me sert de paréo en voyage).

Consommer moins et plus responsable

Son second conseil pour une consommation réduite et responsable me paraît évident mais je ne l’avais jamais formulé : s’éloigner des sources de consommation !
Notamment les prospectus, les hypermarchés, les paniers d’achat sur internet, les newsletters, les sorties shopping… C’est un conseil qui est également valable pour qui veut réduire ses dépenses et limiter ses achats compulsifs !
Idéalement, j’aimerais ne pas savoir quand sont les soldes, car je me suis fait encore avoir… :-/

5 règles pour jeter beaucoup moins

Enfin, voici ses 5 règles pour les Zéro Déchet et pour une empreinte écologique réduite. Elles sont à appliquer dans cet ordre :

  1. Refusez (un sac en plastique, un échantillon gratuit, un tract, un produit suremballé, les couverts en plastique avec votre barquette)
  2. Réduisez (les quantités d’aliments achetés pour la semaine, l’emballage des produits alimentaires, la quantité de dentifrice au tiers de la brosse à dent seulement !)
  3. Réutilisez (le papier, les bocaux, le marc de café, l’eau). Louez ou empruntez ce dont vous avez besoin (livre, voiture, tondeuse, perforateur…), sans le posséder !
  4. Recyclez vos déchets en fonction des conseignes locales. A ce stade, les emballages sont déjà bien réduits, ce qui limitera vos rotations vers la benne à tri !
  5. Compostez le reste de vos déchets (notamment les cotons, papiers, huiles, etc). Cela supprimera aussi les mauvaises odeurs dans votre poubelle.

Pour ma part, je rajouterai une étape avant le compost : celle des poules !
Je commence à mettre en œuvre ces règles chez moi, mais je vais y aller doucement : au lieu de supprimer, je vais d’abord terminer puis ne pas remplacer (terminer mes lingettes, mon déo, mes soupes en sachet, etc… avant de passer à l’alternative zéro déchet).
Ce dont j’ai fait l’expérience, c’est que faire soi-même (ou faire ensemble) apporte bien plus de satisfaction que l’acte d’achat. On apprend, on crée du lien, puis on conseille les autres. Et on est fiers de nos créations ou de nos réparations !

Et vous, vous avez tenté ? Vous êtes tentés ? Je suis preneuse de vos retours d’expériences, critiques et suggestions.

10 réflexions sur « La sobriété : une idée de bourgeois ? »

  1. Chère nièce, juste un mot pour te faire la bise télématique, et te dire que je fais mes tisanes avec les produits maison de la terrasse que je cultive: thym, thym citronné, sauge, menthe, origan, sarriette, basilic; c’est meilleur que le foin qu’on te vend (rien qu’à la couleur, pour commencer). Compost de tous déchets végétaux, pas de terreau acheté…
    cela dit, rebisous. Roland

    1. Super ! J’ai planté une verveine citronnelle qui a l’air de bien se plaire ! Tu fais des mélanges ? Je crois que je vais en effet arrêter tous les mélanges broyés, voire essayer d’aromatiser moi-même mes thés ! Et sirops aussi ! BISOUS

  2. Bjr lucile
    Pierrick fait notre savon et notre dentifrice. J’en suis complètement satisfaite. Économique et écologique.
    Ma tisane est composée de gingembre et curcuma frais que je coupe en tranches fines, avec du citron vert.
    Bises

  3. Hello Lucile,
    Super cool ton article! Bon, avec moi, forcément tu prêches un convaincu!
    Notre maison se remplit de bocaux et bouteilles vides, qu’on remplit sans cesse de Kefir, bière maison, sauce tomate et autres céréales et graines qu’on récupère au biocoop ou à la nouvelle épicerie Zéro déchet à laquelle nous avons tout de suite adhéré! Entre le kéfir et la bière qui fermentent, les yaourts au soja qui cuisent, les graines qui germent, c’est vrai que cela demande pas mal d’organisation de faire plus de choses à la maison. Mais au final, comme tu dis, c’est mille fois plus gratifiant, je trouve que c’est bien plus joli dans la cuisine et ça fait des occupations à partager à deux et à transmettre à ses amis 🙂
    Nos prochains défis: le savon maison sans trop utiliser la pétrochimie, les cosmétiques bio (le plantain est en furie en ce moment, ça me démange d’en ramasser à chaque coin de rue!) et le vermicompost (parce qu’on a pas de poubelles à compost dans notre quartier).
    Plein de choses à tester et à continuer de partager, pourvu que ça dure 😉

    David

  4. Merci de ton article Lucile, toujours aussi bien écrit, agréable et facile à lire !
    De mon côté, je tends dans le même sens et ton article m’a donner plein de nouvelles idées. Ce que j’ai changé cet année, j’arrête d’aller en super marché, je fais les courses au maraicher du coin et au marché local aussi quand je peux. Ca prend plus de temps par contre donc faut encore que je trouve des améliorations pour réussir à faire coïncider temps et produits locaux/éthiques.
    Mais en tout cas, j’ai vraiment envie d’apprendre à faire beaucoup plus pour moins acheter.
    J’attends ton prochain article avec hâte !
    Bisous et à bientôt !

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