Aliments ultratransformés et ultrapolluants

Dans la chronique précédente, je vous présentais quelques éléments sur les aliments ultratransformés et leur impact sanitaire. Pour rappel, ils correspondent à la dernière catégorie de la classification Nova, que je résume ici :

  1. Aliments frais ou peu transformés : fruits, légumes, légumineuses, pâtes, farine, noix… Ce sont des aliments frais, séchés, congelés ou fermentés sans l’ajout de gras, de sucre ni de sel.

  2. Ingrédients culinaires transformés : sucre, beurre, sel, huile… Ce sont des aliments qui rentrent dans la compositions des plats cuisinés à la maison.

  3. Aliments transformés : viandes séchées et salées, pains, fromages, conserves… On les utilise dans la préparation culinaire de plats traditionnels et on les mange à table, en famille.

  4. Produits ultra-transformés : Kinder, Oreo, Kellogs, Vache qui rit, Monster Munch, Coca-Cola, Haribo, Magnum, CapriSonne… Ce sont avant tout des produits, très markétés. Leur liste d’ingrédients est très longue et en comporte certains sans usage alimentaire.

La semaine dernière, j’évoquais la mondialisation des aliments ultra-transformés, mais en proportions variables entre chaque pays. Voici un diagramme pour l’Europe, qui nous montre que la France s’en sort – pour le moment – pas trop mal. Nous partageons ce privilège avec les autres pays de culture méditerranéenne.

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La science a déjà démontré un lien entre la consommation répétée d’aliments ultratransformés et l’obésité, le cancer et autres… Mais quel est leur effet sur l’environnement ?

Les marques mondialement connues pour leurs sodas, chips, barres chocolatées et leur marketing insistant sont aussi les marques les plus responsables de la pollution plastique…

Fantastique plastique…

En effet, l’ONG Break Free From Plastic a mené un décompte de 187 851 déchets plastiques ramassés sur les plages pour savoir quelles entreprises étaient les principales productrices de la pollution plastique. Aux trois premières places siègent les plus grandes marques de l’agroalimentaire : Coca-Cola, PepsiCo et Nestlé.

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Coca-Cola est le plus grand producteur de déchets plastique retrouvés dans la nature ©Break Free From Plastic

À eux seuls, ces trois géants représentent 14 % des déchets ramassés. Juste derrière, l’entreprise française Danone. Viennent ensuite compléter le tableau Mondelez International, Procter & Gamble, Unilever, Perfetti van Melle, Mars Incorporated et Colgate-Palmolive.

Ce top 10 est très proche du Top 10 des aliments ultratransformés, et pour cause ! Prônant par essence la praticité, l’aliment ultra-transformé est emballé individuellement : on le glisse partout, pour le consommer partout !

Si les canettes, bouteilles et bouchons restent recyclables, les emballages sont souvent en film plastique ou en mi-matière (Pompotes, Caprisonne), ce qui complique leur recyclage.

Alors bien sûr, Coca-Cola ne jette pas directement les bouteilles vides à la mer. Mais reste que les consommateurs sont sans doute peu sensibles aux enjeux environnementaux, et que le simple fait d’inscrire les consignes de tri sur l’emballage ne fonctionne pas toujours… De plus, on s’aperçoit souvent que les déclarations des ces boîtes envers l’environnement sont davantage du Greenwashing que de grandes résolutions. Par exemple, Mac Donald’s finance quelques brigades de ramassage de déchet bénévoles mais n’applique toujours pas l’obligation de tri dans ses restaurants (et est actuellement poursuivi en justice pour cela).

Monocultures et autres impacts environnementaux connexes

Si l’impact sanitaire des aliments ultratransformés est désormais très largement étudié et publié, rares sont les compilations sur les impacts environnementaux.

Toutefois, un impact écologique non négligeable de ces aliments industriels réside dans la production des ingrédients (via notamment élevages industriels) et notamment de l’huile de palme. Je vous rappelle que l’huile alimentaire la moins chère reste responsable de la déforestation en Indonésie et en Malaisie (85% de la production mondiale est issue de ces deux pays).

Alors, que faire ? 3 règles, 3 gestes

Pour la nutrition, Dr A. Fardet édicte la règle des 3 V : manger VARIÉ, essentiellement VÉGÉTAL et VRAI (limiter les aliments reconstitués et les fausses calories).

Pour la limitation des déchets, je vous propose trois habitudes :

  • avoir une gourde dans votre sac, pour ne plus acheter de boisson à emporter ! N’oublions pas que l’eau en bouteille, avec ou sans sucre et gaz et acide phosphorique et colorants et arômes et perturbateurs endocriniens reste 100 FOIS PLUS CHÈRE que l’eau du robinet, au supermarché et plus de 1000 fois plus chère au Snack ou à la station…
  • mettre quelque amandes, dattes ou autres dans une petite boite (réutilisée, ou un pochon en tissu, ou un sac kraft) dans votre sac en cas de faim !
  • acheter un macatia plutôt qu’une barre, une banane plutôt qu’une compote, c’est sans emballage et bien plus rassasiant (voir l’effet Matrice explicité par A. Fardet) !

Et vous, c’est/était quoi votre aliment ultra-transformé préféré ?
Et votre alternative ?

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