Santé et alimentation, enjeux réunionnais

Les Assises des Outre-Mer ont rendu leur rapport sur la première phase, qui questionnait les priorités des ultramarins (7806 répondants, dont 1540 Réunionnais). La première chose qui apparaît c’est que les départements et collectivités d’Outre-Mer sont assez disparates en termes de priorités et de besoins : on ne pourra peut-être plus les traiter ensemble pour les nouveaux textes de lois. La seconde, ce sont les priorités données en relation à la santé :

Priorités concernant la santé en Outre-MerLa Réunion se détache des autres DOM en priorisant non pas l’accès aux soins (qui me semble de grande qualité ici) mais la prévention, notamment des maladies comme l’obésité et le diabète.

Ce n’est pas une surprise, lorsqu’on sait que quatre Réunionnais adultes sur dix sont en surcharge pondérale dont 11,4% sont obèses et qu’un Réunionnais sur dix est atteint de diabète et traité pharmacologiquement (source).

Cet enjeu sanitaire prédominant ici est relié à la seconde priorité, celle de l’alimentation. D’où une importance de faciliter l’accès à une alimentation variée et équilibrée, mais aussi de renforcer l’éducation alimentaire, comme souhaité suite aux États Généraux de l’agriculture. Et désormais, l’éducation alimentaire doit aller en complément sinon au-delà de l’éducation nutritionnelle.

En effet, les études montrent que les Réunionnais connaissent les messages nutritionnels mais les appliquent peu : 15% des Réunionnais adultes déclarent consommer plus de 3,5 fruits et légumes par jour (contre 65% en Métropole) et la moitié déclare en consommer 1 par jour ou moins.

Les animations de Goût Nature valident cette contradiction chez les enfants, au moins en cycle 2. Les enfants rencontrés savent qu’il faut manger des fruits pour rester en bonne santé, car ils contiennent des fibres et des vitamines. Toutefois, ils reconnaissent peu de fruits réunionnais tels que zatte, bibasse, tamarin. Et lorsque je demande à Nassur ce qu’il mange comme fruits, il me cite dans l’ordre : pomme, banane, orange, poire et compote ! Pas très local tout cela, mais c’est qu’il reçoit à l’école sans doute parce qu’il n’y a pas besoin d’éplucher… 🙁

Sans compter que les jus et compote sont souvent bien sucrés, parfois même plus qu’en métropole… En cela, la pub a raison :

Nou boi pas le jus, nou boi DiegoDiego et Caprisonne, les champions fruités locaux, ne sont en effet pas des jus de fruits mais des boissons à base de fruits, avec beaucoup de sucre ajouté… Ce ne sont donc pas des « portions de fruits » au sens des repères nutritionnels ! J’approuve la thèse selon laquelle « la nourriture permet d’atténuer les privations matérielles » mais souhaitons-nous vraiment transmettre cette addiction au sucre à nos enfants ?

Pour conclure, Goût Nature fait le constat qu’il y a un besoin réel et urgent d’éducation alimentaire des enfants, pour qu’ils continuent à ramasser les goyaves, tamarins, vavangues et autres en revenant de l’école plutôt que de jeter leur Caprisonne à terre…

Nou tien bo, nou larg pa !!

2 réflexions sur « Santé et alimentation, enjeux réunionnais »

  1. merci excellent, cela rejoint même notre constat puisque nous avons créé un centre de recherche médicale sur ces maladies répandues l’obésité, le diabète l’hypertension artérielle et l’insuffisance rénale touchant près d’un réunionnais sur deux.

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