Au potager, favorisons l’entraide !

Lors de mes ateliers Jardinage au naturel, j’ai toujours des questions sur les ravageurs et comment y faire face. Je peux répondre avec des recettes et astuces. Mais avant, il est bon de rappeler que les plantes font preuve d’entraide.

L’entraide, l’autre loi de la jungle

Si vous pensez encore que la loi de la jungle, c’est la compétition et chacun pour sa gueule/pomme, vous n’avez pas regardé récemment de documentaire sur les forêts ou une interview de Pablo <3 Servigne.

On a notamment démontré que les arbres (à travers le réseau racinaire et mycélien) peuvent aider et nourrir un arbre malade, mais aussi s’avertir de l’arrivée d’un prédateur pour se défendre collectivement.

Bref, il semblerait que le discours compétitif dont on nous a biberonné n’est pas réellement scientifique mais plutôt culturel ou politique…

Les associations bénéfiques dans le potager

De façon plus proche, l’entraide entre plantes est connue et utilisée depuis des milliers d’années. Cela peut être notamment la chakra, la milpa, ou les trois sœurs, expression locale pour la plantation conjointe du maïs, du haricot et de la citrouille. Le maïs fournit un tuteur au haricot, la citrouille couvre rapidement le sol et le haricot fournit ses voisins en azote.

Je pense sincèrement que toutes les associations bénéfiques au jardin ne sont pas encore référencées. En attendant, pour un référentiel assez tempéré, j’utilise un tableau croisé de ce type.

source Solabiol.com

Les cases vertes marquent des plantes amies (par exemple l’ail repousse les ravageurs de la fraise). Les cases rouges signalent des associations à éviter. Pour illustration : l’ail n’aime pas la proximité des légumineuses. Je pense que c’est essentiellement dû au fait que les Alliacées ne forment pas de bulbe lorsque le sol est trop riche en azote… alors évitons le haricot ou le pois qui lui en fournit gratos !

Ce tableau est assez utile pour prévoir ses semis : je peux par exemple tracer trois lignes proches, pour carotte, coriandre et betterave.

J’ai appris en formation Permaculture et mets en œuvre actuellement l’association des lianes de pipangaille dans un pied de l’encens, ou baies roses. J’ai testé pipangaille et citrouille dans le jeune pied de Schinus therebentifolius, je vous ferai un retour en fin de saison, si elles sont effectivement protégées des mouches des fruits. Cela confirmerait l’adage qui dit :

Une mauvaise herbe est juste une plante dont on n’a pas encore trouvé l’utilisation.

Notons qu’ici je ne vais détailler que l’entraide entre végétaux, mais il faudrait également consacrer au moins un article à l’entraide entre plantes et micro-organismes, notamment les nodosités des légumineuses et les mycorhizes.

Les plantes compagnes

De façon générale, les plantes compagnes sont bien souvent répulsives. Ce sont souvent des plantes aromatiques (ou du moins à forte odeur comme les œillets malbars) qui vont troubler les perceptions des ravageurs, bien souvent insectes.

fraise et ail entraide potager
Association ail et fraise, ainsi que l’oeillet malbar. Par contre, on voit que le piège jaune colle tous les insectes : les bons, comme les mauvais !

Alors oui, une spirale d’aromatiques c’est mignon, mais des aromatiques disséminés partout dans le potager, c’est encore mieux !

Les plantes pièges

On peut privilégier certaines plantes qu’on sait particulièrement sensibles à certains ravageurs ou maladies. Elles informent alors qu’un traitement ou qu’une action peut être envisagée. C’est notamment le cas des pêches ou des rosiers placés dans la vigne. Ici, les hibiscus (fleurs ou comestibles comme le bissap) sont des bons témoins du retour des cochenilles.

Les plantes bio-indicatrices

Elles sont des témoins de la qualité d’un sol. Par exemple, l’ortie est un très bon indicateur de pipis répétés : plus joliment, on la dit nitrophile.

Mais plus prosaïquement, on a souvent dans son jardin, encore plus dans sa pépinière, une plante qui flétrit avant les autres, signe qu’il faudra arroser dans la fin de la journée.

Ceci d’autant plus que comme pour les lions attaquant les gnous, les ravageurs s’en prennent souvent aux plantes affaiblies, notamment par la sécheresse. C’est pour cela qu’on galère depuis plusieurs années avec les cochenilles en hiver… Alors prenons soin de notre sol, qui prendra soin de nos plantes !

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