De l’éducation au goût

Pas facile de parler d’éducation au goût (ou d’éducation sensorielle) et de faire comprendre en quelques mots ce que les ateliers du goût représentent…

Je vais essayer de vous en décrire les grands principes et puis, un jour, je vous le ferai sans doute en vrai. Car l’éducation sensorielle à l’alimentation se fait à tout âge et pour tout public !

Éducation sensorielle

Si on parle du goût, on parle surtout d’apprendre à goûter, à déguster n’importe quel aliment, comme un œnologue. Et cela se fait avec les 5 sens. Pour les enfants, c’est leur nommer l’ouïe et leur faire imiter le bruit d’une pomme, d’une carotte ou d’une banane que l’on mange. Avec les adultes, c’est leur rappeler que manger produit des sons et qu’ils peuvent nous mettre en appétit, ou pas !

Éducation expériencielle

Les enfants aiment les pommes non pas parce qu’elles sont riches en fibres ou apportent des sucres. Ils les aiment car elles sont colorées, parfumées, croquantes, juteuses ou sucrées. Et puis quelques uns ne les aiment pas et c’est bien aussi !

Goût Nature reprend l’approche de Croquarium qui met en avant l’expérience comme moyen d’apprentissage et favorise le sensoriel plutôt que le cognitif. Et comme tous les goûts sont dans la nature, il est important d’accueillir et de respecter les variations de perceptions et les préférences et dégoûts de chacun. L’objectif d’un atelier du goût n’est pas que tous les enfants aiment le brocoli ou la betterave, mais que chacun l’ait exploré(e) avec ses sens. C’est un chemin vers l’affirmation de soi et le respect des différences.

Éducation qui se veut dans le plaisir

Pour que cette expérience soit concluante, elle doit être faite dans un contexte agréable : calme, confiance, temps… Souvent l’inverse de la restauration scolaire !

L’exploration des aliments doit rester ludique et plaisante.

Pas d’éducation nutritionnelle

En aucun cas les éducateurs du goût favorisent un aliment ou en critiquent un autre. Ils contribuent seulement à élargir la culture alimentaire de chacun. Seule importe la perception sensorielle de chacun, et il n’y a pas de jugement à porter là-dessus !

L’éducation nutritionnelle, et notamment les aliments à favoriser, aller vers ou réduire, n’est qu’en filigrane des ateliers du goût. Parce que je n’ai jamais vu une vitamine traverser mon assiette ni du gluten me regarder méchamment depuis ma tartine. Parce que je suis convaincue qu’en étant éduqué au goût, on peut intuitivement manger équilibré et sain, sans injonctions diététiques.

Les ateliers du goût proposés par Goût Nature sont simplement proposés autour d’aliments sains (fruits, légumes, graines), bruts, locaux et de saison. En développant une certaine curiosité et un plaisir sensoriel autour des légumes, on contribue indirectement (mais plus durablement) à la bonne alimentation des participants !

Croquarium Lac Megantic éducation sensorielle au goût Québec Gout Nature
Sieur de Petit Pois et Dame Romaine après une animation Croquarium à Lac-Mégantic, avec la lauréate du concours de dessin !

De l’éducation 

L’éducation, c’est primordial pour Goût Nature : l’éducation à l’environnement, éducation au goût et aux jardins éducatifs… Explorons aujourd’hui le mot éducation avant de détailler ces thématiques.

J’ai lu récemment l’étymologie suivante : « Éducation vient du latin educare qui signifie redresser ce qui est tordu et mal formé… » Déprimant, non ? Et la rééducation, serait-elle le retour à la droiture pour un membre ou un comportement déformé ? En lisant cette signification, je pense aux jambes de Forrest Gump…… et j’espère que cette éducation est aujourd’hui révolue. Cette étymologie du mot éducation me gêne car elle semble conformer les individus et les étirer tous dans le même sens.

Heureusement, Wikipedia via le Gaffiot donne une étymologie plus appréciable : « éducation serait directement issu du latin educatio, lui-même dérivé de ex-ducere (ducere signifie conduire, guider, commander et ex, « hors de ») : faire produire (la terre), faire se développer (un être vivant) ».

De ducere on a gardé viaduc, aqueduc, oléoduc ainsi que « Il Duce », le guide en italien. Et la fonte « ductile » de nos bouches d’égouts ! Peut-être ne regardez-vous pas les inscriptions sur le sol, ou n’aimez-vous pas le latin… Quoi qu’il en soit, me voilà rassurée : l’éducation, c’est faire pousser, faire s’élever et se développer !

Cette définition me fait davantage penser à ça :

Quoi de plus logique alors que d’éduquer via le jardin ?