Kossassa ?? C’est quoi ce truc ?!
On connaît un petit peu mieux la néophobie alimentaire, qui est un comportement alimentaire du jeune enfant qui va :
- refuser des aliments nouveaux (néo- phobie)
- mais aussi se détourner de certains aliments qu’il appréciait avant.
À l’inverse, la néophilie est une curiosité pour ce qui est nouveau !
Et mon constat, c’est que nous sommes bien différents dans cet éventail entre un néophobie très avancée (ma cousine Alice qui ne mangeait que du riz, des pâtes et des craquottes, vous connaissez tous un enfant comme ça) ou un néophile très aventureux, qui va manger du scorpion dans les rues de Bangkok… Pour moi cela relève beaucoup du caractère, même si l’éducation alimentaire peut diminuer la néophobie et donner envie de goûter.
Le bestiaire des fruits
J’ai découvert cette bande dessinée (pour adultes !) aujourd’hui, mais je me demande bien comment je suis passée à côté, puisqu’elle a été publiée en 2014 au Québec, là où je me suis formée à l’éducation au goût !
L’autrice se grime en samouraï des fruits, exploratrice de la diversité des fruits exotiques ! Diversité bien limitée, car ce sont des fruits qu’elle trouve exportés, jusqu’aux étals montréalais. Et pour ce faire, elle reconnaît qu’il faut l’esprit d’aventure, soit la néophilie. Une aventure qui la fait voyager, sensoriellement parlant, tout en restant à Montréal. Et dès les premières pages, elle se heurte à la néophobie de certains proches, qui ne partagent pas du tout son enthousiasme !

Elle va apprendre au fur et à mesure de ses explorations à mieux sélectionner ses compagnons d’aventure, et s’entourer donc de potes néophiles, pour découvrir notamment le durian !
Alors je ne suis pas du tout d’accord avec la notation des fruits tropicaux, mais c’est très subjectif. Mais j’aime beaucoup son partage de curiosité, de découvertes et parfois aussi de déceptions.
À titre d’exemple, ce n’est qu’en 2026 que j’ai osé goûter l’avocat sucré, et… après toutes ces années d’hésitations, ben… je n’ai pas (encore) eu la révélation pour cet usage alimentaire courant en Asie notamment !
Réessayer… chaque année
J’ai écrit « pas encore », car nous savons que le goût pour un aliment se forme après de nombreuses itérations (jusqu’à 15 nécessaires, testées sur le jeune enfant). C’est ce que fait un personnage de la BD, qui regoûte une tomate par an, pour voire s’il aime enfin !
Je vois que c’est quelque chose qui s’est vérifié sur moi, je n’appréciais pas vraiment les longanis ni les caramboles ou encore les jamblons en arrivant à La Réunion et depuis j’aime beaucoup, mon goût pour ces fruits que je n’avais jamais dégustés avant s’est construit avec le temps !
Oser goûter…
En formation sur l’éducation à l’alimentation et au goût, j’aime proposer une « aventure » alimentaire aux enseignant·e·s et éducateur·trice·s pour qu’ils·elles puissent expérimenter dans leur corps, leur coeur et leur tête la néophobie alimentaire. Je propose souvent des mochis, les mochis de Thé Carving, qu’elle vend à l’Eperon. Certaines personnes connaissent déjà et se réjouissent ou pas ! D’autres frétillent d’impatience pendant que quelques personnes tentent de rassembler leur courage, avec une gestuelle qui montre leur recul, leur appréhension. C’est vraiment intéressant à voir et à partager !
Pour moi, cette expérience développe l’empathie, évite de forcer un enfant et permet d’avoir une compréhension plus fine de sa répulsion ou son dégoût.
J’ai testé… et détesté !
Pour ma part, je sens bien que je suis néophile… mais il y a des choses qui sont difficiles à goûter pour moi et d’autres où j’ai vraiment, vraiment détesté. Je peux vous citer :
- les pieds de lamas, dégustés pour la fête de la Pachamama (le 21 juin) à Cusi-Cusi, Jujuy, Argentine
- le mambolo, dégusté avec mon amie Audrey qui avait un pied dans sa cour, et qui l’apprécie mais n’a pas (encore) réussi à me convaincre
- les punaises d’eau, insecte goûté au Suzie Q, restaurant australien proche de chez moi qui proposait des insectes. Il a malheureusement fermé depuis (sans lien avec cette proposition !).
Et vous ? Avez-vous un souvenir d’un aliment effrayant, dégoutant, rebutant, décevant ? J’adore écouter ou lire ce genre de partages !

Génial ! Merci pour ce post réjouissant ^^ C’est vrai que c’est drôle que je ne t’a jamais parlé de Zviane : je suis très fan d’elle, j’ai lu quasi toutes ses bds, que l’on pouvait toutes trouver à la bibli de Sherbrooke ! Et donc aussi le magnifique Bestiaire des fruits que j’ai adoré 🙂
Pour ma part, mes 4 dégoûts ultimes :
– les pis de vaches, goûtées en asado en Uruguay (dégoût de la texture spongieuse, et sûrement aussi dégoût cognitif de m’imaginer manger un sein…)
– un insecte noir à la coquille cuirassée (est-ce une punaise d’eau ?), seulement goûtée avec les yeux (pas capable d’aller plus loin!) avec toi au Suzy Q en septembre 2024 (dommage que ça ait fermé, zut !!!)
– le céleri rave, dont je trouve un goût de poussière détestable. Je goûte plusieurs fois par année avec l’envie qu’un jour ça bouge… La seule fois où j’en ai mangé avec délice, c’était cuisiné façon « steak », enduit d’une panure à base d’algue et de sésame. C’était fondant, pané, salé et umami…. C’est INCROYABLEMENT BON, mon cerveau était tellement dérouté d’apprécier autant un plat dont l’aliment central est un de mes pires dégoûts !
– le pamplemousse, dont je déteste absolument l’amertume. Lui, j’essaye même pas, je n’ai pas la même envie de conquête vers son appréciation que pour le céleri (je ne sais pas pourquoi !). Les seules fois où j’en goûte, c’est seulement la partie blanche (le « zist » là où c’est amer sans être acide), que je propose en formation ou en atelier quand je veux faire découvrir la saveur « amer ». Je joue le jeu et je fais des énormes grimaces….
Merci pour cette réflexion que j’ai finalement peu l’habitude de faire héhé ^^
Ben ça serait dommage que j’aie lu le Bestiaire des fruits puis oublié ! Dommage mais possible, snif ! En même temps cela permet de joyeuses redécouvertes, héhé !
Oui c’était bien la punaise d’eau, je vais essayer de rajouter la photo !!
Trop bizarre ton appréciation du céleri rave, c’est-à-dire ta sensation en bouche ! J’aime tellement ça ! Mais uniquement la rémoulade de feu ma maman et la mienne, une pâle copie. Ici c’est un mets très très exotique !
Pour moi, c’est la paella qui a un goût de poussière, voire même de cafard…
Et je me souviens qu’on buvait des IPA très amères, comme quoi, il y a certaines amertumes que tu peux aimer je crois !