À la recherche du point S…

… ou l’importance de retrouver ses sensations de faim et de satiété.

En stage chez Croquarium, j’ai l’occasion d’entendre beaucoup parler d’alimentation et de m’interroger sur mes comportements alimentaires. Je vous partage une de mes interrogations sur cette (mauvaise?) éducation alimentaire et une (nécessaire?) rééducation de la plupart des adultes…

Marine et une poutine (repas québécois) chez Louis à Sherbrooke

Suite aux réveillons de Noël et Nouvel An, face aux sensations désagréables d’une panse prête à exploser et des « dents du fond qui baignent », un nouveau slogan s’est imposé :

En 2017, je ne finis plus mon assiette !

En voilà une « mauvaise éducation », songeront mes parents… Ce slogan était un peu une rébellion contre nos éducations alimentaires : nous avons étés éduqués à finir nos assiettes, pour être en forme, pour faire plaisir, pour ne pas gaspiller…

Aussi louables que soient ces raisons, elles sont démontées par mes récentes rencontres et lectures de nutritionnistes, éducateurs alimentaires et autres psycho-sociologues de l’alimentation.

En effet, il est démontré que l’enfant ressent naturellement les signaux de faim et de satiété. Affamé, le nourrisson le fait savoir ; dès qu’il sera rassasié, il arrêtera de téter. Je comprends tout à fait que des parents veuillent encadrer la quantité et donc la fréquence des repas des enfants, pour se faciliter la vie et mettre en place en rythme. Toutefois, plus tard, et sans doute avant les 10 ans de l’enfant, la phrase « finis ton assiette ! » me semble prédominante… Cette injonction – qui traduit sans doute la peur des parents que leurs enfants aient trop rapidement faim, ou ne mangent pas « équilibré » – va à l’encontre des régulations sensorielles que nous avons naturellement.

Ces signaux sont la faim et le rassasiement sensoriel, et peuvent être :

  • généraux : la faim est un besoin physiologique et sensoriel de manger, qui s’atténue dès qu’on commence le repas. Ensuite, la satiété s’installe au fur et à mesure du repas et on la perçoit via la diminution du plaisir à manger (la première bouchée d’un plat est toujours la meilleure) et elle s’installe, si on prend le temps de l’observer, avant la sensation d’un estomac plein.
  • spécifiques : la faim peut être ciblée en fonction des besoins du corps, comme l’appétit d’aliments salés après un marathon. Le rassasiement sensoriel spécifique, c’est de ne plus avoir envie de finir son plat de pâtes alors qu’on a encore faim (et envie) d’un fruit ou d’un yaourt. Voyez le visage de Marine se décomposer après avoir mangé beaucoup, beaucoup d’olives…

Ainsi, des messages tels que « finis ton assiette » et « tu n’auras pas de dessert si tu ne manges pas tous tes haricots » viennent troubler les signaux naturels de l’enfant. Au point, hélas ! que nous avons de la difficulté une fois adultes à les discerner et à leur prêter de l’importance.

Qui n’a pas déjeuné à 12h30 sans faim, juste parce qu’il était l’heure ?
Qui ne s’est jamais forcé à finir sa barquette ou son plat cuisiné ?
Qui n’a pas mangé juste pour tenir compagnie à quelqu’un ?

Me voilà donc en reconquête de mon « point de satiété », observant mon plaisir à manger et mes réponses sensorielles. Avec des ratés, encore, mais je sens que cela s’améliore !

En 2017, je ne finis pas mon assiette, mais je nourris mes poules, mon compost ou le convive qui a encore faim ! Ou alors je fais des restes pour le lendemain… Je vous rappelle qu’en France la loi sur les biodéchets, issue du Grenelle de l’Environnement, oblige les restaurateurs à disposer de doggy bags, pour emballer vos restes.

Repas en pleine conscience, Alimentation intuitive… ces courants se rapprochent tout simplement des outils que nous possédons tout naturellement pour nous alimenter sainement : NOS SENS ! Et c’est aussi l’approche de Goût Nature et de Croquarium : face à la cacophonie alimentaire, nous conseillant tantôt un aliment puis nous avertissant de son danger, l’éducation alimentaire vise à se défaire du cognitif et à privilégier le sensoriel, puisque nous sommes tous différents dans nos envies, nos besoins, nos intolérances ou nos goûts et dégoûts. L’essentiel est que chacun puisse se sentir à l’aise avec SON alimentation !

Finalement, la leçon c’est peut-être qu’en alimentation, mieux vaut s’éloigner des donneurs de leçons !! … Qu’en pensez-vous ?


Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, voici un outil détaillé pour les adultes et un pour les enfants.

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